Une jeunesse les dents serrées (éd. Pierre-Guillaume de Roux)

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Après Saint-Marsan (un roman, toujours en vente), paraîtront, le 4 juillet, un roman policier, Le hussard retrouve ses facultés (éd. Auda Isarn), et un pamphlet, Une jeunesse les dents serrées (éd. Pierre-Guillaume de Roux).

Ce petit libelle est un roman noir, où un homme revient sur sa jeunesse. Il traduit en justice une génération de charognards, « la jeunesse du monde », qui, après avoir saigné son père, allait se repaître de ses enfants, qu’elle voulut tuer pour ne pas se voir vieillir ; il met en cause les principales figures des « années Mitterrand », qui ont conduit à la désagrégation d’un pays. Et il espère que ses Dents serrées en feront grincer d’autres, comme une craie sur le tableau noir du passé.

« Nous avions vingt ans, et c’étaient les années quatre-vingt. La mort alors semblait loin de nous, qui pourtant vivions des temps résolument funèbres, lourds comme des têtes de marteau, où l’esprit de sérieux et le cul de plomb pesaient de tout leur poids. On nous pressait de suivre des voies qui offraient des débouchés, comme on disait élégamment alors, c’est-à-dire qui nous promettaient un destin de ventouses à désengorger les boyaux. Nous n’étions pas là pour rire, ni même pour vivre : nous étions là pour crever, et nous crevions.

Les jeunes moribonds se classaient en deux camps : les militants et les managers. Les premiers se laissaient plumer par les ligues antiracistes, les seconds plumaient la volaille consommatrice ; ceux-là ne juraient que par Harlem Désir et Julien Dray, ceux-ci par Tapie et Séguéla – un carré d’opportunistes qui nous crachait au visage ses leçons de vertu, quand même les plus naïfs commençaient de soupçonner qu’il était de l’immortelle corporation des crapules. Ces ambitions répugnaient au jeune homme que nous étions alors, qui pour avoir lu Bloy et Flaubert voulait de la haine et du style ; en cherchait et n’en découvrait nulle part. Dans les kiosques à journaux moins qu’ailleurs nous en trouvions : les organes de presse également trépanants, misérables et illisibles, qui nous commandaient de penser juste et droit – Globe, Libération, Actuel, Les Inrockuptibles –, nous retournaient les doigts de pied ; bien plus que nous les retournait Le Figaro, où Pauwels avait diagnostiqué le sida dans nos cerveaux : c’était amusant, bien sûr, c’était toujours bon à prendre, mais cela ne suffisait pas. – Et puis il y eut L’Idiot international. »

Vendredi 14 juin 2019

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