Le Hussard retrouve ses facultés

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Voici, sortie toute fraîche des doigts du maquettiste, la couverture du Hussard retrouve ses facultés, un polar qui paraîtra dans quelques jours aux éditions Auda Isarn.

En voici la quatrième de couverture :

« Lola a encore disparu. Julien Ardant, dit le Hussard, n’a qu’une piste pour la retrouver : Bordeaux, où sa petite protégée prépare l’examen d’entrée à la fac de lettres. Justement, cette fac est “bloquée” par des étudiants mi-squatteurs mi-punks à chiens : ont-ils un rapport avec la disparition de Lola ? Un coup de fil au fidèle Léopold, et voilà les deux amis débarquant gare Saint-Jean – où rien ne se passe comme prévu, évidemment : très vite, on navigue entre barbouzes, militants identitaires, professeurs d’université et même sexothérapeutes. Cette fois, pour retrouver Lola, Julien devra d’abord retrouver ses facultés, dans les deux sens du mot. »

Et voici le début :

« — Combien, ces livres ?

« Et, sans attendre la réponse, le mince trentenaire déroula un mètre-ruban de couturière. Julien Ardant, dit le Hussard, avait d’abord haussé les épaules en prenant la mesure de l’énergumène ; il haussait à présent les sourcils en voyant l’énergumène prendre des mesures. Le libraire était en train d’enregistrer les commandes, près de la caisse, quand il avait vu cette créature, au croisement du trader et du community manager, pousser la porte des Décombres, jeter un regard circulaire, et marcher jusqu’aux éditions rares en approchant de sa bouche un des cordons blancs pendant à ses oreilles :

« — Ouais, ouais ! Deux mètres sur trois… Je check et je te rappelle derrière…

« Il était en forme de héron : la tête, grosse, augmentée d’une houppette, reposait sur des épaules fuyantes et une remarquable absence de buste ; l’ensemble était juché sur deux longues pattes, elles-mêmes serrées dans un pantalon étroit, terminé par de fins souliers pointus. Ça n’était pas beau, pas laid non plus, pas spécialement femelle, et pas du tout mâle ; c’était sans sexe comme on est sans illusions. C’était donc tout à fait un héron, si l’on exceptait l’extravagante houppe ; d’ailleurs, moins incurieux d’ornithologie, on l’aurait plutôt rapproché de la huppe fasciée, de la famille des Upupiformes, dont les savants pensent qu’elle comprend quatre espèces, alors que la cinquième a été répertoriée depuis vingt ans à La Défense, où elle prolifère, dans son costume cintré, ses souliers à la poulaine et sa houppette gélifiée par les onguents de la maison Schwarzkopf. Ces hommes sans épaules, avec des têtes énormes sur des bustes sans buste, équipés de bras et de jambes en forme de sarments, on en voyait de plus en plus, depuis une dizaine d’années. C’étaient des corps nouveaux, tels que l’humanité n’en avait sans doute jamais connus : des corps du tertiaire produits par des chargés de ressources humaines.

« — Je m’en occupe, murmura Mateo en faisant un clin d’œil à son oncle.

« Le garçon quitta les tables où il répartissait les nouveautés.

« — Monsieur, vous désirez ?

« — Vous m’en mettrez deux mètres sur trois…

« — C’est-à-dire que nous ne vendons pas les rayonnages, Monsieur, mais les livres : vous êtes dans une librairie…

« — Je sais : c’est les bouquins que je veux…

« Il désignait, devant lui, de beaux volumes in-8 reliés en veau glacé. Puis, déroulant son mètre sur les dos à nerfs :

« — D’ici à là : vous pouvez me faire ça à combien ? »

*

Le Hussard retrouve ses facultés, éditions Auda Isarn (150 pages, 12 euros) ; à paraître prochainement, sous peu, très vite, pas de problème, c’est comme si c’était fait.

Je précise que ce Hussard fait partie d’une collection dont le héros, Julien Ardant, dit le Hussard, est un libraire-enquêteur-justicier ; chaque volume de la série est écrit par un auteur différent.

*

(J’en profite pour signaler la fin (provisoire) des soldes (voir billet précédent) : je remercie tous ceux qui ont participé à la petite opération commerciale que j’ai lancée – en quelques heures, et j’en suis encore tout épastrouillé, tout a été vendu. Je renouvellerai l’expérience dans quelques semaines, pour d’autres livres de moi, anciens ou épuisés, dont j’ai décidé de reprendre les droits, comme la loi m’y autorise en cas d’« arrêt de l’exploitation, défaut d’exploitation permanente et suivie », et, surtout, « absence de reddition de comptes ». Parmi ces livres épuisés, introuvables ou difficiles à trouver, et que je ferai réimprimer, il y aura, notamment :

Leur Jeunesse, journal ;

Sur le suicide, essai ;

Le Portement de la Croix, roman.

Merci à tous.)

Mardi 11 juin 2019

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